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Stage JAP 2018: « Donner du sens à ce que l’on fait »

  • date
  • 8 novembre 2018

Le stage JAP (Jeunes à Potentiel), a eu lieu du 22 au 26 octobre au CREPS Centre Val de Loire de Bourges

Que les Jeux paralympiques de Paris en 2024 et de Los Angeles 2028 semblent loin de notre actualité. Six ans et dix ans. Et pourtant, ils se préparent dès maintenant, à l’école du savoir-faire et du savoir-être du JAP. Sami El Guedarri, le grand coordinateur de l’événement et la tête pensante du devenir des jeunes Handisport sait où il veut aller avec les gamins et comment les y conduire.

Le regard clair, la voix haute, le palmarès qui en impose, il distille les informations, explique les plannings, se lève tôt, se couche tard. Pour la bonne cause. Une petite phrase en passant dans le hall : « C’est le plus tôt possible que nous devons donner les bons comportements à ces jeunes, s’ils veulent devenir des sportifs de haut-niveau, si nous souhaitons former les médaillés de demain, mais aussi tout simplement former des jeunes à une pratique régulière d’un ou des sports, pour eux-mêmes et quel que soit leur avenir ».

Arrivée le lundi matin des quatre coins de France, les 73 jeunes sélectionnés, sur les 148 candidatures issues des stages JAP régionaux, ont rendez-vous dès l’après-midi pour un premier entraînement dans leur sport favori, athlétisme, tennis de table, basket fauteuil, cyclisme, boccia, escrime, natation. Puis ce sera du bi-quotidien tous les jours avec une petite dernière le vendredi matin avant le grand retour à la maison. On ne rigole pas même si finalement on rigole un peu à table, à la salle de jeux, dans la chambre. Quoique dans la chambre, il y a la sieste qui est vivement conseillée et le soir l’extinction des feux, pas tard, qui est contrôlée. « Il s’agit de leur donner tout de suite les bases d’une bonne récupération, d’une bonne alimentation, pour préparer leur corps et leurs esprits à ce qu’ils devront faire plus tard pour arriver à faire partie du haut-niveau », précise Sami El Gueddari entre deux couloirs.

Le haut-niveau c’est bien mais comment est-on sûr qu’ils peuvent y parvenir ? « Grâce à un filage, un suivi au plus près de leur lieu d’habitation et d’entraînement, et au souhait que nous émettons en fin de stage pour chacun dans leur future conduite sportive » explique-t-on à table entre deux bouchées. Le rôle des référents régionaux prend alors tout son sens car c’est eux qui suivront au quotidien le nombre de séances que ces jeunes pourront faire par semaine, dans quelles conditions, avec qui ? Ils feront ensuite remonter l’information et seront force de proposition si le « minot » montre des signes favorables à l’intégration dans un collectif espoirs ou un pôle. « 90% des jeunes qui sont actuellement dans les collectifs sont passés par le JAP national, c’est bon signe ».

Une fabrique à l’éducation sportive et sociale

En même temps, le JAP national n’est pas une machine à fabriquer des champions même si elle y contribue. C’est une fabrique à l’éducation sportive et sociale, à la connaissance de soi, à l’épanouissement personnel, et un peu au rêve aussi. « On doit donner du sens à ce que nous faisons, souligne Sami El Gueddari entre deux cafés, et donner des objectifs atteignables et cohérents pour chacun. Il est hors de question de précipiter les choses pour Paris 2024 même s’il s’agit d’être à la hauteur de l’événement. Nous sommes sur une bonne dynamique mais il ne s’agit pas de brûler les étapes et de griller qui que ce soit. On prépare l’avenir sereinement, avec sérieux, avec une vision à long terme qui intègre Paris mais aussi les jeux de 2028 et de 2032. Si j’ai une dizaine de jeunes sur les 73 du stage qui connaissent un jour le haut-niveau, ça me va. Les 63 autres peuvent tout à fait réussir à leur niveau, avec de belles valeurs et du plaisir. On sert à cela aussi ».

Le JAP, c’est donc toute une aventure sportive et humaine à destination de la nouvelle génération Handisport, qui a le droit de rêver à quelque chose de grand pour elle-même, qui a surtout le devoir de garder ce plaisir de faire du sport tout en étant sérieuse et régulière dans sa pratique. Cette génération 2018, c’est la relève des médailles à n’en pas douter, mais elle n’oubliera pas non qu’elle est aussi la relève de ce que le mouvement Handisport a toujours voulu promouvoir : la singularité, l’autonomie et l’accomplissement. // R. Goude


Réalisation Studiolenni, Nîmes