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Élodie Lorandi : « L’aviron m‘a permis de retrouver l’envie »

  • date
  • 3 août 2018
La nageuse française, 29 ans, va disputer l’Euro de natation en août et les championnats du monde d’aviron en septembre. Ce double défi l’enchante et la stimule. 

Élodie Lorandi, vous voilà déjà en équipe de France de handisport d’aviron ?

Après quelques stages nationaux, j’ai aimé la notion collective, l’ambiance, et comme j’ai progressé de manière assez intéressante, je me suis prise au jeu. J’ai aussi assez vite trouvé ma place et eu quelques résultats. Cela m’a donc permis d’être retenue dans le quatre barré pour les championnats du monde prévus au mois de septembre à Plovdiv (Bulgarie).En aviron, nous sommes totalement associés aux valides puisque nos épreuves se déroulent en même temps et sur des sites identiques. C’est appréciable.

Pour autant, vous avez participé aux Jeux méditerranéens et vous aller disputer l’Euro de natation (13-19 août) à Dublin, en Irlande ?

Oui. J’ai gagné l’or sur 100 m NL aux « Jeux med » en faisant 1.01’’96. C’est un très bon temps. J’étais dans de très bonnes dispositions psychologiques. Ce sera encore l’une des clés à Dublin, lors des championnats d’Europe, où je vais aussi prendre le départ du 400 m (en + du 100 m), finalement. Ce n’était pas prévu mais je pense que ça peut le faire. De toute façon, je vais à l’Euro pour faire des résultats et pour prendre du plaisir. M’éclater.

Quels seront vos objectifs précis ?

J’espère gagner le titre sur 100m avec un chrono avoisinant 1.01… Ça va se jouer au mental et à la touche. Je ne suis pas favorite, encore moins sur 400 m mais j’ai la gnaque et l’expérience. L’aviron m’a permis de retrouver de l’envie et de briser la routine.

Aviron, natation, comment arrivez-vous à tout concilier ?

C’est extrêmement exigeant et fatiguant. Mais aussi très excitant et dynamisant. J’ai été claire avec tout le monde et notamment avec le staff de l’aviron en précisant que je voulais participer aux épreuves majeures de natation afin de ne pas terminer ma carrière de nageuse sur un report (les Mondiaux avaient été reportés d’octobre à décembre en raisons des intempéries qui ont ravagé Mexico en octobre 2017). L’aviron, par les exercices de musculation, notamment, sert un peu la natation. Et la natation, en termes d’appuis et d’endurance, sont des atouts pour l’aviron.

N’y a-t-il pas eu des problèmes de calendrier ?

Si. Je n’ai pas participé à une manche de coupe du monde d’aviron car j’étais aux Jeux Med avec l’équipe de France de natation. Et la semaine passée, pendant le stage national non-obligatoire de natation à Perpignan, j’étais en stage d’aviron au Temple-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Mais l’entraîneur de natation avait demandé à mon entraîneur d’aviron de me faire nager tous les matins. J’ai donc fait double dose mais ça l’a fait.  

L’équipe de France de natation, dont vous êtes la chef de file, le vit-elle bien ?

Oui. La natation et cette jeune équipe restent des vecteurs importants à mes yeux. Même quand je ne nagerai plus, j’aimerais rester à leur contact. Les aider, continuer à partager mon expérience avec cette génération. Je bénéficie aussi d’un vrai soutien du staff. J’ai de la chance car toutes les équipes n’auraient pas forcément accepté ce mode de fonctionnement.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans l’aviron ?

La notion collective alors que la natation est plutôt individualiste. C’est appréciable de partager les efforts, les victoires comme les défaites. Il est plus motivant aussi d’aller au bout d’une difficile séance de musculation quand nous sommes plusieurs à la vivre et que les objectifs sont communs à plusieurs sportifs.    

Comment voyez-vous l’avenir ?

Je vais continuer à ramer mais je ne veux pas me mettre de pression. J’avance entraînement par entraînement, compétition par compétition. Et je verrai bien où cela me mène sachant que j’ai la chance d’être soutenue par l’Armée jusqu’en 2020. Parallèlement, je vais préparer les concours d’entrée à la formation d’auxiliaires de puériculture, avec l’ambition d’intégrer cette formation en septembre 2019. // J. Soyer


Réalisation Studiolenni, Nîmes