Pratique de la natation

Sport complet, non traumatisant et sans risque, le Natation s’adresse à tous les types de handicap, même les plus graves.

Suivant les différentes manières de la pratiquer et les motivations qui animent ses adeptes, elle exploite différents domaines.

Ainsi, une approche éducative, ré-éducative, de pratique santé, en complément des activités de pleines nature en milieu aquatique, en loisir ou en compétition, dirigeront les nageurs vers des modes d’apprentissage plus ou moins poussés, avec des fréquences plus ou moins importantes.

Une forme d’Education.

Le milieu aquatique permet une croissance harmonieuse du corps humain. Il possède un rôle d’amplificateur de sensations et permet d’enrichir le pratiquant de perceptions psychomotrices spatio-temporelles et gnostiques.

Le schéma corporel (développement du geste lié à l’image) des adeptes s’en retrouve étendu avec de nouvelles perspectives conceptuelles ouvertes sur les gestes de la vie courante.

La Rééducation

Complément indispensable de la rééducation, la natation permet, par essence même et à travers ce milieu particulier qu’est l’eau, de donner aux pratiquants une liberté de mouvement en les plaçant en état d’apesanteur.
Bien souvent, l’occasion de quitter un appareillage plus ou moins contraignant leur ouvre des perspectives de liberté encore plus importantes.

Il leur est offert également de retrouver ou de découvrir la position verticale avec des appuis plantaires parfois inadaptés en milieu terrestre.

Chez la personne handicapée, les actions mobilisatrices des segments moteurs, du système musculo-articulaire, la mise en œuvre de l’appareil musculaire, les sollicitations cardio-respiratoires, circulatoires et lymphatiques, le développement des capteurs sentivi-moteurs et de la sensibilité superficielle sont autant d’apports essentiels qui permettront de recouvrer des capacités physiques défaillantes et d’amplifier des potentialités latentes.

L’eau possède également des vertus antalgiques non négligeables et une action efficace sur la spasticité.

La pratique en Loisir

Répondant à l’engouement de plus en plus vif d’une demande basée sur le loisir, de nombreuses structures proposent cette forme de pratique dont les finalités n’ont, pour unique objectif, que le plaisir, la convivialité et l’aspect social. Le sportif peut pousser, plus ou moins, ses notions d’apprentissage jusqu’à l’acquisition d’une certaine autonomie susceptible d’être utilisée dans des activités annexes.

Ainsi, la découverte des équilibres, la maîtrise de ceux-ci et l’apprentissage de modes de propulsion, plus ou moins conventionnels, sont les bases incontournables de cette autonomie.

Elles font appel aux différents domaines qui constituent l’apprentissage que sont la flottaison, la respiration et la propulsion.

L’apprentissage des quatre nages

C’est à travers l’apprentissage des nages dites » codifiées » que l’apprenti nageur va passer à un stade supérieur.

Celles-ci font ainsi référence à des descriptifs techniques de gestes sportifs intervenants dans différents processus.

Les paramètres physiques et morphologiques, représentent une base sur laquelle le pratiquant va construire le geste moteur le plus efficient. Ils vont déterminer des » prédispositions » et les orientations pour les spécialisations futures dans les différents styles de nage.

Ces différents domaines utilisés vont être déterminants pour le nageur handicapé. Sa pathologie peut perturber directement le geste moteur et les autres paramètres concomitants.

Les principes de résistance, qu’elles soient frontales ou statiques, les perturbations des équilibres dynamiques et de l’hydrodynamisme sont autant d’éléments qui vont faire appel aux facultés d’adaptation de l’éducateur.

En ce qui concerne les appuis moteurs, les dérèglements des trajectoires, de la longueur des leviers, des surfaces d’appuis et de leurs orientations, des facultés de coordination et de synchronisation, des vitesses d’exécution, etc.… peuvent avoir une conséquence directe sur l’efficacité de la propulsion.

L’aisance respiratoire est également un facteur déterminant notamment dans l’apprentissage des nages ventrales.

La Compétition

La compétition fait appel à plusieurs domaines dont la complémentarité permettra l’établissement d’une performance sportive.

Les paramètres physiologiques, acquis par l’entraînement spécifique, sont également sujets à modifications et adaptations. Ainsi, dans certaines pathologies neurologiques centrales, la paralysie importante de certaines parties du corps va nécessiter un réaménagement du travail des » filières énergétiques » avec des incidences directes sur la performance.

L’approche mentale et psychologique de la compétition, devenue un facteur essentiel à l’établissement de la performance, peut également subir des modifications perturbatrices. Chez certains handicaps neurologiques de type I.M.C. l’exagération des facteurs d’émotivité a un impact direct sur la gestion du stress, élément important omniprésent dans le circuit compétitif.

Le Haut-Niveau

En ce qui concerne la pratique de Haut Niveau chez les nageurs handicapés, la mise en place d’une logistique proche de celle des valides est incontournable. En effet, l’explosion des performances chronométriques ne peut s’expliquer que par la mutation profonde de l’entraînement sportif. Ainsi, on retrouve chez les nageurs ayant une déficience mineure d’un membre, voire de plusieurs, un quota d’entraînement bi journalier avec des activités complémentaires du type musculation, préparation physique généralisée, préparation mentale, diététique, …

Pour les nageurs présentant une déficience physique majeure, une séance journalière est quasi obligatoire pour espérer obtenir des résultats d’une haute teneur. Les activités complémentaires citées ci-dessus seront plus ou moins pratiquées et adaptées selon les caractéristiques physiques de chacun.

Sa planification, au travers d’un plan de carrière sportive, est tout à fait indispensable pour accéder au haut niveau. Il est nécessaire de proposer aux compétiteurs des évaluations sous forme de compétitions intermédiaires en préparation des finalités nationales ou internationales.

 

L’intégration au sein de la F.F.N.

Le passage à une pratique intensive nécessite l’existence de moyens dont le monde Handisport n’a pas forcement à sa disposition. Le partage des créneaux de piscine au sein des établissements publics est devenu complexe avec l’apparition de nouvelles pratiques (Aquagym, bébés nageurs, troisième âge, tir à la cible, hockey aquatique, …). L’encadrement (surveillance et apprentissage) fait appel à du personnel compétent donc formé. La professionnalisation se développe de manière importante au sein du mouvement handisport, mais parfois, les moyens financiers ou le nombre d’adhérents ne permet pas de créer un poste permanent. La variante de cette démarche peut consister à signer une convention avec un club de la F.F.N.

C’est la raison pour laquelle, la démarche d’intégration de nos nageurs au sein de clubs valides est d’un grand apport. Elle peut fournir des réponses aux problèmes exposés ci-dessus et permettre également de changer la perception qu’ont les valides de la personne handicapée.

Néanmoins, il faut admettre que l’intégration n’est pas possible pour tous les types de handicaps. Les personnes atteintes de déficiences importantes risquent de ne pas trouver leur place au sein d’un groupe de nageurs valides. L’homogénéité du groupe étant un élément essentiel au fonctionnement de celui-ci, il n’est peut être pas judicieux de perturber le fonctionnement de ce dernier.

Par contre, quand le sportif handicapé présente un niveau technique et des chronomètres compatibles avec le groupe, rien ne s’y oppose. Il restera à l’entraîneur d’accéder à une certaine forme d’information (voire de formation) sur le handicap et ses caractéristiques ainsi que les adaptations à mettre en place en fonction de celles-ci.

Il peut y avoir plusieurs formes d’intégration ; la plus simple consiste à dégager une ligne d’eau regroupant les nageurs handisports. Cette solution est souvent utilisée pour intégrer les nageurs fortement handicapés. L’autre possibilité conçoit l’intégration directe au sein d’un groupe de valides, plus ou moins âgés, en gardant néanmoins à l’esprit les caractéristiques de notre calendrier sportif.

Il est à souligner qu’un certain nombre de nageurs atteints de déficiences motrices ou visuelles font déjà partie du système F.F.N. et ont pu atteindre un certain niveau technique acquis en compétition valide. Ils ont, à présent, la possibilité de rejoindre la natation handisport afin de s’exprimer à égalité de chances au départ.


Réalisation Studiolenni, Nîmes